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Nouvelle sans titre en cours d'écriture, Episode 3

Il était incapable de savoir combien de temps il avait dormi. Il se réveilla avec une douleur atroce à l'oreille, et la vision troublée. Ces sensations étaient nouvelles pour lui. Quand il retrouva ses esprits, il était complètement abattu : il n'avait pas su protéger sa soeur. Il jeta un œil en direction de son père, allongé dans la terre, près de la planche qui servait de table. Sa cervelle s'était répandue et se mêlait aux particules de terres en bouillie infâme. Au moins, il n'avait pas eu le temps de salir Shamclad. Il s'approcha de sa mère, ligotée à une poutre à bois. Mais elle était morte elle aussi. Etouffée par sa propre terreur. L'effroi se lisait encore sur son visage. Il n'avait plus rien à faire ici. Il devait quitter l'endroit et partir à la recherche de sa soeur. Sans rien d'autre que ses frusques sur le dos, il pris le chemin qui descendait à travers les champs pour récupérer la grand'route. Il ne savait pas du tout par où commencer, mais comme il faut bien commencer quelque par... il prit vers l'est. Les albinos avaient une odeur de sel... et le sel vient de l'océan... qui se trouve à l'est. Il ignorait que son périple l'amènerait bien au-delà des frontières qu'il connaissait. Et plus il s'éloignait plus ses sentiments étaient contradictoires. Il éprouvait un certain soulagement d’être libéré de ses parents, mais une profonde tristesse d'avoir perdu sa soeur, sa jumelle.

 

Au bout de quelques heures de marche, il commença à sentir la fatigue lui dévorer les membres. Incapable de continuer plus avant, il se faufila dans le creux d'un gros chêne mort pour se reposer à l'abris aussi bien de la nature que de ses congénères. Il ramassa quelques jeunes champignons et les dévora sans plus attendre, tels quels, crus et terreux. Le calme qui régnait ici le détendit et il finit par sombrer dans un profond sommeil, peuplé, d'albinos cannibales essayant de déguster sa soeur par petite bouchée. Il la voyait, aussi brune que sa peau était blanche, affolée, qui l'appelait à son secours, il entendait, voyait tout mais ne pouvait rien faire, totalement paralysé, comme lors de l'enlèvement. Elle était retenue juste sous la surface du sol, dans de grandes caves creusées à même le sol. L'atmosphère était fraîche mais pas humide. On aurait pu les comparer aux alvéoles des ruches : toujours en mouvement.

Un gros bourdonnement fit la transition entre son rêve et la réalité. Il ouvrit un œil puis le referma, se remémorant l'endroit qu'il occupait. Il ouvrit les deux yeux et bondit sur ses jambes. Des abeilles le cernaient de toute part, l'agressant, cherchant à le piquer. Il chercha la fente de l'arbre pour se soustraire à leurs attaques.... mais un grand bossu lui barrait la route.

Nouvelle sans titre en cours d'écriture, Episode 2

La vie s'égrenait ainsi, pas très heureuse, tous deux travaillant comme des forcenés, pendant que leur père se saoulait, et que leur mère partait causer avec la voisine.

Le climat ne facilitait rien. L'hiver était aussi rude que l'été était brûlant. Les tempêtes d'automne étaient d'une violence rare, destructrice, meurtrière, et le printemps n'avait rien de réjouissant si ce n'est les quelques fleurs qui agrémenteraient la soupe d'herbes et d’eau saumâtre quotidienne.

 

Et par un de ces printemps maussades que connaissait le village de La Pierre Fendue, les alentours du bourg furent en proie à de mystérieuses visites. Des hommes à la peau claire rôdaient  dans les parages. On en avait entendu parler des ces hommes, pilleurs assassins et mangeurs de chaire humaine...I

Alioban, du haut de ses quinze ans ne prêtait guère attention à ces mièvreries. Shamclad, elle, riait de voir la peur qu'inspiraient ces gens à ses parents. Au bout de quelques jours, la rumeur enfla. Ils venaient chercher un être spécial. Le père des jumeaux se prit à espérer qu'il s'agisse de son fils, l'espèce de monstre qu'il avait engendré, qui ne craignait aucune blessure, qui se relevait sans mot dire même après avoir été rossé pendant des heures. S'ils l'embarquaient, Il pourrait ainsi profiter au mieux de la jeunesse de sa fille, doucette qui se cache pour pleurer, qui ne se rebelle pas, à la peau tendre mais ferme. Oh oui! Il allait enfin pouvoir obtenir ce qu'il voulait depuis toujours. Dans son délire, il n'entendit pas la porte s'ouvrir avec fracas, il ne vit pas l'armada de visages clairs qui rentrait chez lui. Il sortit de sa rêverie quand il vit le visage de sa femme se tordre de peur. Son cri déformait son faciès déjà ingrat. Il se retourna et vit tout près de lui un de ces visages. Il sourit et pensa : ‘’Ils viennent pour Al ... " et sa réflexion s'arrêta nette sous le coup violent d'une hache qui fendit son crâne en deux. Il s'écroula, pendant que sa femme était ligotée. Alioban, sur le qui-vive, était prêt à leur donner une leçon s'ils osaient approcher de sa soeur. Sa fougue fut de courte durée. Les albinos connaissaient les gens comme lui. Au même instant, une simple pression derrière l'oreille droite et entre les deux yeux, les rend inoffensifs pour quelques minutes, et groggy pour quelques heures. Il s'écroula de la même manière que son père mais il avait conscience de tout ce qui se passait autour de lui. Il fulminait. Il ne se connaissait pas cette faiblesse. Et il ne pouvait que regarder les êtres s'emparer de sa soeur, et aussi étrange que cela puisse paraître, sans brutalité, sans violence. Alors que Shamclad était embarquée, une voix atone lui murmura à l'oreille : " ta soeur est sauve avec nous, tu ne peux pas veiller sur elle tout le temps.... repose toi maintenant." Et il sombra dans un sommeil sans rêve ni couleur.

 

C'est évidemment là que tout a commencé. Alioban n'aimait pas se replonger dans les abîmes de ses souvenirs...mais c'était plus fort que lui.

Nouvelle sans titre en cours d'écriture... Episode 1

Il restait là, fiché sur le seuil de la porte, ses mains grandes comme des battoirs appuyées sur le chambranle, sa silhouette massive faisant de l'ombre dans la pièce. Puis il avança d'un pas, dans la lumière qui laissait entrevoir ses yeux.... Des yeux qui en avaient vu plus qu'ils n'auraient du.

Il faut dire qu'il revenait de loin l'animal!  Il avait traversé les monts et les plaines au delà des frontières de son territoire pourtant bien vaste.

Et là, ce soir, arrivé dans cette taverne, il se dit qu'il touchait presque son but. Cette chasse qui avait durée des années arrivait enfin à son terme.

 

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Tout avait commencé il y a fort longtemps, lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Avant cela même, dans un village en plein cœur de l’empire d’Erzhëen, au nord des Terres du Nord. Dans la plaine aride et rocheuse de Murilionn, les villages poussaient comme des champignons. Il était né à La Pierre Fendue, un de ces misérables villages, qui tenait son nom d’un gros rocher en plein centre du bourg. Il s’était fendu en deux parties parfaitement égales, au beau milieu de la journée, sans raison aucune. Son père disait que les Esprits des Ancêtres avaient séparés la roche en présage d’un grand malheur.

Son père, superstitieux et ivrogne notoire dépensait les maigres économies du ménage en vinasse et autres tord-boyaux. Il rentrait en rampant et s'écroulait sur sa mère, comme un sac de viande avariée. Il ronflait comme un ours, et exhalait les vapeurs fétides des breuvages bon marché qu'il avait bu toute la journée. Il avait malgré tout réussi à engendrer une descendance. Qu'elle refuse qu'il la touche n'avait aucune importance. Elle avait déjà six enfants, elle avait fait son devoir. C'était bien suffisant. Mais les envies de son père ne toléraient  aucun refus. Il avait donc réussi à engrosser sa femme. Elle accoucha plus tôt que prévu, et ce sont deux bébés qu'elle expulsa de ses entrailles. Un garçon déjà fort comme un taureau, et une fille qui tenait sa douceur... d'on ne sait où!

 

Shamclad et  Alioban grandissaient à vu d'oeil. Il y avait des forces étranges à l'oeuvre. Tout autour de ces enfants était particulier, pas de manière flagrante, mais une subtile différence imprégnait leur aura. Elle se faisait sentir sans que l’on sache vraiment ce qui n’était pas habituelle. C’est cette gêne qu’éprouvaient les habitants du bourg qui les poussait à  les mépriser, leur crachant au visage, les frappant à l’occasion.

Alioban avait pris conscience de sa force la première fois sur la place du village alors qu’une vieille femme avait agrippé sa sœur pour lui donner de violents coups de bâton. Il avait arraché sa sœur des griffes de cette harpie avec une telle force, qu’un silence de mort se fit aussitôt alentour. Ils s’étaient enfuis en courant et ne remettaient les pieds au village que quand leur mère les y obligeait. A chaque fois des insultes à peine murmurées fusaient dans leur dos. Alioban avait à maintes reprises corrigé ceux qui les agressaient. Au fil des ans, ils avaient grandis et Alioban démontrait une force peu commune. Il inspirait une grande crainte et réveillait les anciennes superstitions. Mais plus que tout, il veillait sur sa sœur comme un rapace sur ses petits. De la même façon qu’avec les villageois, il s’interposait entre leur père et Shamclad, que le vieux confondait volontiers avec sa femme. Leur mère, soulagée de voir les ardeurs de son mari dirigées vers une autre qu’elle, tabassait Alioban à grands coups de tisonnier. Mais il restait de marbre et continuait de faire bouclier. Il ne connaissait pas la douleur. Les blessures le laissaient de pierre. Alors il prenait les coups de tisonnier de sa mère pour que sa sœur n’ait pas à subir les coups de boutoir de son père